Waa Dakar

 

WAA DAKAR [dakarois][1] a pour objectif de réaliser les portraits photographiques des corps de métiers de Dakar, en particulier ceux de la rue. Ces professions, qui pour la plupart d’entre elles ont aujourd’hui disparu du monde contemporain sont probablement appelées à disparaître d’une société qui tend à la standardisation et aux mutations excessives de ces métiers.

 

WAA DAKAR [dakarois] (synopsis)

Dakar est une métropole au développement fulgurant et désordonné où coexistent des modes de consommation traditionnels et modernes, des modes de vie ruraux et urbains, des quartiers construits à l’européenne et des communautés plus anciennes résistant aux influences occidentales. On y croise, assis ou déambulant aux coins de ses rues, des corps de métiers qui ont disparu des usages culturels urbains ou seront appelés à disparaître également dans le futur.

Le vendeur de passereaux, que le passant peut acheter et libérer pour l’équivalent de 15 centimes d’euro en guise de porte-bonheur est menacé par l’évolution des croyances. Le menuisier et la restauratrice établis sous un auvent à l’angle de deux rues en sable sont en sursis alors que la ville est en train d’être pavée progressivement. La marchande de poisson assise dans un marché traditionnel en bord de plage sera remplacée par un commerçant en blouse blanche derrière un comptoir aseptisé satisfaisant aux normes d’hygiène modernes. Le pousseur de charrette à bras disparaîtra des marchés africains comme ce fut le cas pour le fort des halles qui a disparu de Paris dans les années 60.

Ces métiers, tant qu’ils sont là, nous racontent l’histoire d’un pays et même celle d’un continent. Parmi ces métiers, certains sont centenaires et datent d’avant la période coloniale, tel ce “simbkatt”, acrobate et performer du spectacle du faux-lion, aujourd’hui traqué par la police qui lui interdit de se produire dans l’espace public urbain. D’autres, comme le “vulcanisateur”, sont plus récents. Ils sont nés de la rencontre de l’Afrique avec l’automobile sur des routes qui restent plus adaptés à des charrettes.

La démarche du projet WAA DAKAR s’inspire de la série photographiqueThe American West de Richard Avedon. Réalisant l’importance que jouent ces hommes et ces femmes en assurant une forme de cohésion sociale entre deux mondes, Antoine TEMPE a choisi de leur dédier une série photographique. Celle-ci consiste à photographier les modèles dans leur tenue de travail et sur leur lieu de travail. Dans un souci de préserver l’unité de la série et de mettre en lumière la personne photographiée, les images sont toutes réalisées dans un studio mobile, avec la même toile de fond. (voir images en annexe).

          [1] “Waa Dakar” signifie littéralement “gens de Dakar” soit “dakarois” en wolof, la première langue parlée au Sénégal.

Mor Ka – Boucher à Ouest foire
Ismaela Ly – Vulganisateur à croisement Cambérène
Bouré Diouf – Charretier à Ouakam
Binta Sene – Marchande ambulante au Plateau
Astou Fall – Marchande de poisson à Soumbédioune
Abou Ly – Marchand ambulant à Mermoz
Abdoulaye Oumar Diallo – Marchand de bestiaux à Ouest foire
Abdou Gadiaga – Laobé (travailleur du bois) à Grand Dakar
Rokhaya Dieng – Marchande ambulante au Plateau